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Allez-y voir, vous ne serez pas déçus...


 
Eden à l'ouest

Chaplinesque ! (cliquez sur l'affiche pour la critique)
Pour le reste : lecined'al1.fr
 
Eden à l'Ouest - ma note pour ce film :
Réalisé par Costa-Gavras
Avec Riccardo Scamarcio, Eric Caravaca, Ulrich Tukur, ...
Année de production : 2008
Benjamin Button

Cliquez sur l'image pour la critique...

Pour le reste : lecinedal1.fr
 
L'Etrange histoire de Benjamin Button - ma note pour ce film :
Réalisé par David Fincher
Avec Brad Pitt, Cate Blanchett, Julia Ormond, ...
Année de production : 2008
BILAN 2008
Pour le bilan complet 2008, c'est ICI.

Meilleur film : Un conte de Noël
Emmanuelle Devos et Jean-Paul Roussillon. JC Lother / Why Not Productions

Meilleur acteur : Heath Ledger
Heath Ledger. Warner Bros.

Meilleure actrice : Yolande Moreau
Yolande Moreau. Diaphana Films

Plus belle daube : La possibilité d'une île

Benoît Magimel (de dos). Mandarin Cinéma

 
Un conte de Noël - ma note pour ce film :
Réalisé par Arnaud Desplechin
Avec Catherine Deneuve, Jean-Paul Roussillon, Anne Consigny, ...
Année de production : 2008
Une fiancée pas comme les autres, de Craig Gillespie **
Petit conte à pleurer d’un doux bonheur

Diaphana Films

Petit film croulant sous les bons sentiments, sans invention, sans exubérance : oui, et alors ? Qu’est-ce que ça fait du bien ! Sur à peu près la même base que Monique, avec Dupontel, Craig Gillespie signe un conte d’une grande douceur, où la folie délirante d’un homme solitaire et renfermé transforme tous les habitants d’un village en thérapeutes improvisés. En acceptant une différence profondément dérangeante, ils mettent de côté, au moins pour un temps, leurs a priori. Il y a un côté très moraliste, renforcé par le sermon final du curé, mais celui-ci passe très bien, parce qu’il repose sur des réactions très humaines, dont ne sont pas exclus les doutes et les ambiguïtés. Trois femmes se relayent, sans toujours le savoir, pour donner naissance à un nouvel homme, pour ouvrir les yeux d’un aveugle, sans jamais forcer quoi que ce soit.
La jeune fille (Kelli Garner) est la moins ambiguë, mais son charme vient de sa fraîcheur, de son innocence, de sa soif de vie et de son refus de l’ennui, pas de sa beauté : elle est bien loin d’être un top model, et cela la rend plus réelle.
Le médecin (Patricia Clarkson) a un regard d’une humanité bouleversante, on la voudrait tous pour confidente, pour accoucheuse de vérités. Les séquences entre elle et Ryan Gosling se déroulent sur un fil ténu, dont on a l’impression qu’il pourrait rompre à tout instant, il y a énormément de tension, et pourtant tout se règle par la douceur. Cependant, la dernière image d’elle, couvant du regard son protégé entre les mains d’une autre, la montre presque avec du regret, la renvoyant à sa propre solitude. Il y a là énormément de finesse et de pudeur, de sa part à elle, mais aussi de la part du réalisateur, qui ne force pas le trait, se contentant de suggérer, de laisser planer une possible mélancolie.
Et puis, il y a Emily Mortimer, qui joue la belle-sœur. On dirait qu’elle ne joue pas, tant ses attentions semblent sincères. Dans sa volonté de faire du bien, elle tombe parfois complètement à côté, mais elle apporte une émotion indicible, c’est un ange de bonté et sous sa fragilité apparente et sa vie banale se cache une femme aimant les gens pour ce qu’ils sont, sans craindre de choquer.
Ce n’est pas du cinéma spectaculaire, ce n’est pas non plus une tranche de vie réaliste, personne ne peut croire à une telle histoire, avec tant d’humanité concentrée. C’est un conte sentimental, qui montre que même sans drame on peut profondément émouvoir.

Ryan Gosling, Emily Mortimer et Paul Schneider. Diaphana Films

Avec
Ryan Gosling
Patricia Clarkson
Emily Mortimer
Paul Schneider
Kelli Garner


 
Une fiancée pas comme les autres - ma note pour ce film :
Réalisé par Craig Gillespie
Avec Ryan Gosling, Patricia Clarkson, Emily Mortimer, ...
Année de production : 2007
Madagascar 2, de Eric Darnell, Tom McGrath
Pfff…

Paramount Pictures France

Il est possible que cette histoire de retour aux racines plaise à des enfants, c’est même certain, les quatre charmantes demoiselles de quarante ans (à quatre) qui m’accompagnaient ont trouvé cela plutôt à leur goût. Le film permet aux adultes de se reposer un peu (il suffit de fermer les yeux), de penser à autre chose, malgré les blagues qui leur sont destinées. Tout paraît noyé dans un fouillis sonore et visuel, pas un plan ne dure plus de cinq secondes. L’histoire est reléguée au second plan, au profit d’une recherche systématique et lassante de la réplique qui fait mouche et qui, finalement, ne fait pas tellement rire.
C’est du cinéma prêt à consommer, jetable après usage, où les vagues allusions au respect des différences s’oublient très vite.
Un tout petit plaisir consiste à trouver les voix des personnages vaguement familières, de chercher à qui elles peuvent appartenir, et d’en avoir la confirmation lorsque le générique déroule. Merci Marina Foïs !

Paramount Pictures France

Animation


 
Madagascar 2: La grande évasion: The IMAX Experience
Réalisé par Eric Darnell, Tom McGrath
Avec José Garcia, Anthony Kavanagh, Jean-Paul Rouve, ...
Année de production : 2008
Le bon, la brute et le cinglé, de Kim Jee-Woon
Hommage nul

ARP Sélection

La vague médiatique et "bloguesque" autour de ce film était formidablement alléchante : un petit génie du cinéma sud-coréen (créateur par essence) avait réalisé un western asiatique, plein de fureur et de couleurs, drôle et spectaculaire. Sergio Leone pouvait aller se rhabiller, etc.
Il y a effectivement beaucoup de bruit, des morts en pagaille, une brute un peu jeune mais avec un côté star de rock pas déplaisant, un cinglé se rapprochant du samouraï drôle dans les sept samouraïs, et puis… c’est tout. C’est incompréhensible, trois personnages courent et se courent après pour récupérer une pseudo-carte au trésor, le tout sur fond de guerre sino-japonaise, on ne sait pas à la fin qui est encore vivant, les ellipses béantes laissent le spectateur sur sa faim : était-ce vraiment sous-titré ?
Les quelques scènes drôles le sont hors contexte, elles tiennent plus de la pantomime que des situations. D’autres séquences paraissent interminables, comme cette course-poursuite quasi-finale entre tous les personnages, armées diverses comprises. Les fusillades succèdent aux fusillades, on se moque éperdument de qui va s’en sortir, puisque l’on sait par expérience et par Sergio Leone (le pauvre a dû se retourner dans sa tombe !) que les trois protagonistes se retrouvent à la fin et pas pour boire du thé (mais pas de "toi, tu creuses").
Bref, il s’agit d’un hommage sans intérêt, à moins que tout cela ne soit un coup des distributeurs occidentaux, qui auraient tronqué le film de plusieurs séquences, en le rendant illisible…

Lee Byung-Hun. ARP Sélection

Avec
Woo-sung Jung
Lee Byung-Hun
Kang-ho Song

 
Le Bon, la brute et le cinglé - ma note pour ce film :
Réalisé par Kim Jee-woon
Avec Woo-Sung Jung, Lee Byung-Hun, Song Kang-Ho, ...
Année de production : 2008
Louise-Michel, de Gustave Kervern, Benoît Delépine *
Noir, c’est drôle

Ad Vitam

Rien à voir en apparence avec l’institutrice révolutionnaire.
Des ouvrières ayant décidé de faire descendre leur patron avec leurs maigres primes de licenciement recrutent un agent de sécurité totalement minable. Ce qui pourrait passer pour une pochade se révèle un peu plus profond que ce que l’idée de départ suggère. Quelques surprises plus tard, on se retrouve dans un enchaînement des faits construit, avec ça et là des personnages secondaires inutiles (celui de Poelvoorde par exemple) mais tenant toujours le fil du récit, avec deux allumés tellement improbables qu’ils en deviennent réels, des gens "comme on n’en voit qu’au cinéma", mais trimballant leur misère dans ce vingt-et-unième siècle qui fabrique l’exclusion à grande échelle.
La révolte de cette France d’en bas est absolument réjouissante, et même si parfois le rire se fige (les scènes avec la cousine en phase terminale restent en travers de la gorge), le film est drôle, d’un humour résolument noir, tirant sur tout ce qui représente un ordre établi. La référence à Louise Michel est de ce point de vue parfaitement juste. Louise Michel n’était pas une gentille syndicaliste défilant entre les trottoirs parisiens sans faire trop de bruit, c’était une anarchiste virulente, plusieurs fois emprisonnée et condamnée.
Les deux réalisateurs vont jusqu’au bout de leurs idées, cela peut choquer ou ne pas faire rire si l’on n’est pas sensible à cet humour plutôt lourd et imprévisible.

Bouli Lanners et Yolande Moreau. Ad Vitam

Avec
Yolande Moreau
Bouli Lanners


 
Louise-Michel - ma note pour ce film :
Réalisé par Gustave Kervern, Benoît Delépine
Avec Yolande Moreau, Bouli Lanners, Benoît Poelvoorde, ...
Année de production : 2008
L’œil du mal, de D.J. Caruso
Big brother, le retour

DreamWorks Pictures

L’histoire joue avec quelques-unes des peurs du vingt-et-unième siècle, le terrorisme, l’impression de surveillance constante, la solitude malgré la foule environnante.
Tout le début est mené tambour battant, sans pause. Après une brève présentation des deux personnages, les voilà tous les deux embringués dans une aventure qui les dépasse, conduits par une mystérieuse voix au téléphone et des messages sur les panneaux d’information urbains. Pendant au moins une demi-heure, on est avec eux, avec un très sérieuse envie d’en savoir plus, pour comprendre, pour démêler cette pelote d’embrouilles. Est-ce un rêve, un monde parallèle, de véritables terroristes, une affaire d’état, une expérimentation sur des cobayes choisis au hasard ? Tout est possible, puis au fur et à mesure que les choses s’éclaircissent, la vérité est mise à jour, et malgré la belle prestance des deux acteurs principaux et l’opiniâtreté du flic lancé à leurs trousses (Billy Bob Thornton, qu’on devrait voir plus souvent sur les écrans), cette vérité est consternante et débouche sur des messages patriotiques américains assez détestables. Dans l’œil du mal, il y a le mal, et bien sûr ce mal n’est pas le monde musulman, mais ce n’est pas non plus un fanatique quelconque, américain ou autre, c’est juste…
C’est juste que lorsque Orwell imagine Big Brother, ou quand Kubrick donne une identité à l’ordinateur de bord du vaisseau spatial, on est à des années lumières, en matière d’informatique, de notre monde d’aujourd’hui. En 2008, cette façon de ne pas désigner de responsables d’une part et de glorifier l’action individuelle d’autre part est nauséabonde.

Shia LaBeouf et Michelle Monaghan. Paramount Pictures France

Avec
Shia LaBeouf
Michelle Monaghan
Rosario Dawson
Billy Bob Thornton

 
L'Œil du mal - ma note pour ce film :

Année de production : 2008
Largo Winch, de Jérôme Salle
My name is Largo. Largo Winch.

Wild Bunch Distribution

L’adaptation d’une bande dessinée au cinéma, rien de plus facile, dit-on. C’est le même langage basé sur l’image, les cadres sont déjà faits, le rythme est donné… Sauf que ça n’est pas ça du tout. La bande dessinée, comme le dit l’excellentissime Scott McCloud, c’est l’art invisible (L’art invisible, Vertige Graphic, dans toutes les bonnes librairies, absolument indispensable pour tous ceux qui s’intéressent un peu à la BD). La position des bulles, l’art de composer avec les ellipses, l’importance des "caniveaux" (les petits espaces entre les cases), tout a de l’importance. En effet, le dessinateur de bande dessinée n’a le droit qu’à environ quatre cents images pour un album de 48 pages, là où un réalisateur, à raison de 24 images par secondes, monte à cent trente mille images pour un film d’une heure trente, ce qui n’a bien sûr rien à voir. Le logicien dirait, oui mais dans une image de BD, c’est à dire dans une case, il y en a en fait plusieurs… oui, oui, c’est bien cela, à l’intérieur d’une case, le temps s’écoule, il n’est pas figé, il faut donc rendre compte de ce mouvement, et c’est un sacré boulot.
Le mérite de Largo Winch en BD, c’est, en dehors de son excellent scénario (au moins pendant les cinq premiers albums), son rythme, sa gestion du temps. Il se passe un nombre d’événements incroyable dans un minimum de planches. Ça va très, très vite. Le dessinateur (Philippe Francq) n’a que peu de temps pour camper un personnage, pour lui donner une identité. Comme les morts brutales sont plutôt courantes au pays de Largo, il faut faire encore plus vite…
Le problème de l’adaptation au cinéma était donc de donner au film cette impression de rapidité, tout en restant clair. L’avantage de la BD, lorsque vous n’avez pas compris, c’est que vous pouvez revenir en arrière. On voit mal un spectateur demander au projectionniste de revenir en arrière parce qu’il a perdu le fil du récit. Ceux qui ne connaissent pas l’histoire de Largo risquent d’un peu patauger au début, mais dans l’ensemble, les adaptateurs s’en tirent plutôt bien. Ils ont réussi à comprimer les quatre premiers albums, en élaguant, en modifiant, en supprimant, en rajoutant aussi. Les spécialistes de la BD n’y retrouveront pas leurs passages préférés, le père de Largo ne meurt pas du tout de la même façon, le héros n’est pas en prison dans le même pays, ni pour les mêmes raisons que dans la BD, les traîtres ne sont pas les mêmes, et finalement ces changements sont les bienvenus : il y a aussi du suspense pour ceux qui connaissent l’histoire par cœur. L’esprit est conservé, entre aventures et malversations financières totalement invraisemblables, à un détail près, malheureusement d’importance : l’humour. Dans la BD, Largo rencontrait dès la dix-septième planche son ami qui allait le suivre dans toutes ses aventures, Simon. Simon pour Largo,  c’est comme Obélix pour Astérix, ou comme Haddock pour Tintin, c’est celui qui apporte un peu de distance, c’est celui qui attire parfois le récit sur lui, qui apporte une bonne dose d’humour. Dans le film, pas de Simon, et personne pour le remplacer, sinon un ami d’enfance qui n’a rien de drôle.
Cette absence fait que, parfois, le récit est un peu trop sérieux, manquant de légèreté.
Un autre personnage créé de toutes pièces fait très vite son apparition, et son évolution dans le film fait penser à une autre saga. Léa/Naomie, amante, traîtresse (ou pas), charmeuse, c’est une James Bond girl, pardon une Largo Winch girl. Bon sang mais c’est bien sûr ! Largo, c’est la réponse française à l’agent 007, ou même à Mission impossible. En tous cas, une alternative plausible, plus fraîche, plus lisible que les dernières aventures de l’énigmatique Daniel Craig.

Tomer Sisley. Wild Bunch Distribution

Avec

Tomer Sisley
Kristin Scott Thomas
Miki Manojlovic
Gilbert Melki
Mélanie Thierry
Anne Consigny




Léa/Naomie, c’est Mélanie Thierry.

Mélanie Thierry, un visage enfantin mais déjà beaucoup de caractère, une petite similitude avec Clémence Poésy. Elle apporte quelque chose, c’est indéniable !

 
Largo Winch - ma note pour ce film :
Réalisé par Jérôme Salle
Avec Tomer Sisley, Kristin Scott Thomas, Miki Manojlovic, ...
Année de production : 2008
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